Une amie, qui vit une partie du temps Outre Atlantique, me signalait la
vitalité surprenante là-bas de l'édition de livres consacrés à la créativité.
Selon elle, cet intérêt viendrait du fait que les Américains ont une histoire courte. Cette absence de
traditions qui s'inscrivent sur des millénaires produirait aussi le fait de ne pas être entravé par divers freins et le besoin de se créer une histoire collective. Les Américains sont effectivement des "raconteurs d’histoires", avec une forte culture de la narration (dans les romans, dans les films, dans la manière de communiquer...). C’est d'ailleurs d'eux que vient le storytelling. Les storytellers, les raconteurs d'histoire (qui ne sont pas uniquement des conteurs), fédérés au sein de dizaines d'organisations et d'associations, se produisent dans des festivals très courus, dans lesquels se mêlent aussi des amateurs. Il est intéressant de comparer les articles de Wikipédia en anglais et en français (puisque le terme est entré dans la langue). Le français a retenu le terme storytelling au sens de "communication d'entreprise" et il est, à ce titre, décrié comme étant de la manipulation.
Pour revenir à la créativité, celle-ci est beaucoup plus valorisée à l’école (lorsqu’on peut la payer), les livres
sortent plus des cadres un peu fermés et répétitif de l'édition française. J’ai
fait une petite recherche internet à partir des termes book et creativity en obtenant 149 000 000 résultats ! Les
mêmes termes en français produisent 3 890 000 réponses. La grandeur du marché que permet l'anglais n'est manifestement pas la seule raison de cet écart. Et ce n’est pas la seule différence. Les
ouvrages américains parlent plus souvent d’écriture, d’art de créativité au sens
large. Les
références françaises portent plus sur l’innovation.
Cécile Mozziconacci • Regards d'ici et d'ailleurs • Chassés-croisés, décalages et décryptages
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Créativité et raconteurs d'histoires
L'écriture créative à l'université
Une révolution aurait eu lien dans l'université française : les ateliers d'écriture y
font leur entrée officielle sous forme de formations diplômantes, master
de création littéraire et autre DU. Ce qui se pratique aux Etats-Unis
depuis les années 40, avec un succès impressionnant a finalement droit de
cité en France où l'on considère que l'écriture est une vocation tombée
du ciel.
Le créateur
d'Aleph, Alain André, me disait il y a une dizaine d'années que les tenants de
l'écriture créative désespéraient d'y parvenir.
En effet, du moins à l'époque, il était nécessaire que plusieurs universités s'accordent pour ouvrir de nouveaux cursus. Il
doit être heureux d'avoir pu s'associer à partir de cette année avec l'université de Poitiers, dans la création du diplôme d'université de formateur en écriture.
Mais les détracteurs ont-ils vraiment à s'inquiéter ? L'adaptation française des "creative writings" risque-t-elle vraiment de produire des générations d'écrivains formatés et insipides ? Ou de laisser croire à des étudiants naïfs qu'il leur suffirait d'obtenir leur diplôme pour prétendre à être publiés ?
Les termes utilisés soulignent d'emblée des approches du monde différentes : creative writing d'un côté, création littéraire de l'autre (dans le monde non universitaire, on parlera d'ateliers d'écriture). Pragmatisme versus théorie.
"Writing", c'est bien de l'écriture pas forcément de la littérature. Les diplômés américains peuvent être auteurs de livre de cuisine, de scénarios pour la télévision, d'ouvrages pratiques... Tous ne seront pas John Irving ou Raymond Carver. Quant au "creative", il ne veut pas dire forcément "création" au sens où nous l'entendons, mais créatif. On n'apprend pas là uniquement l'écriture professionnelle, scientifique ou technique, mais les techniques de créativité. Et celles-ci sont très développées aux Etats-Unis.
Mais les détracteurs ont-ils vraiment à s'inquiéter ? L'adaptation française des "creative writings" risque-t-elle vraiment de produire des générations d'écrivains formatés et insipides ? Ou de laisser croire à des étudiants naïfs qu'il leur suffirait d'obtenir leur diplôme pour prétendre à être publiés ?
Les termes utilisés soulignent d'emblée des approches du monde différentes : creative writing d'un côté, création littéraire de l'autre (dans le monde non universitaire, on parlera d'ateliers d'écriture). Pragmatisme versus théorie.
"Writing", c'est bien de l'écriture pas forcément de la littérature. Les diplômés américains peuvent être auteurs de livre de cuisine, de scénarios pour la télévision, d'ouvrages pratiques... Tous ne seront pas John Irving ou Raymond Carver. Quant au "creative", il ne veut pas dire forcément "création" au sens où nous l'entendons, mais créatif. On n'apprend pas là uniquement l'écriture professionnelle, scientifique ou technique, mais les techniques de créativité. Et celles-ci sont très développées aux Etats-Unis.
Mon village en Provence
Relier Londres-St Pancras et Aix-en-Provence en 6 h. C'est ce que propose l'Eurostar, dans un premier temps à l'essai ce printemps, pour officialiser la ligne en 2015. Comme le dit un site anglais, on pourra faire le voyage un verre de vin rouge à la main. A cette occasion j'ai mis en ligne dans la rubrique Les chaussettes italiennes, un article paru dans le magazine Prosper. Il évoque comment nos voisins d’Outre-Manche suivant les traces de leurs riches prédécesseurs, qui ont inventé la Riviera au 19e siècle, ont recréé une Provence mythique et idéale.
Pour le lire cliquer ici.
Au pays des écrivains fantômes
"Au pays des écrivains fantômes", un nouvel article, est publié dans la rubrique Les chaussettes italiennes
Vous pouvez aussi cliquer ici pour y avoir accès
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Des poètes à la Maison Blanche

On pourra peut-être entendre bientôt des poètes à la Maison Blanche. C’est ce que souhaite le nouveau président des Etats-Unis, Barack Obama, qui veut aussi y inviter des scientifiques et des musiciens et faire de cette Maison celle du peuple. Comme Barack Obama a fort à faire, on ne peut présager de la concrétisation de ce projet.
En tous les cas, cette idée de faire du symbole du pouvoir fédéral un lieu ouvert au peuple semble renouer avec les mythes fondateurs de la nation américaine.
Elle me donne aussi l'occasion de démarrer une nouvelle série de chroniques, à la demande de Prosper, sur la vie culturelle américaine et son financement.
Un monde incroyablement complexe, très riche, à la fois très démocratique (mais pas tout à fait selon la vision européenne de cette notion), et tiraillé par le pouvoir et l'argent.
Pour en comprendre les nuances, je me suis principalement appuyée sur l'enquête menée pendant quatre ans par Frédéric Martel, et publiée dans "De la culture en Amérique" (éd. Gallimard, 2006). Un éclairage surprenant qui remet en question bien des stéréotypes.
Pour lire les chroniques, cliquer ici.
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